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Las criticas
Quelques réponses et quelques questions. Une petite réflexion et un peu de critique sur la mission.
Critica1 : Une mission technique comme ça, c'est-à-dire de venir, faire et partir, ne sert à rien. Il faut apprendre aux gens de pêcher au lieu d’offrir des poissons.
Vrai, mais : Le but de ce chantier était d’être un « chantier école ». Un chantier école n’est pas vraiment une école, mais n’est pas vraiment un chantier non plus. En faisant on essaie d’échanger des connaissances et des pratiques. Le résultat est double, les travaux sont réalisés et nous avons tous appris quelque chose.
Critica2 : L’argent des billets d’avion de trois personnes est gaspillage d’argent. Est-ce qu’il ne serait pas mieux d’envoyer l’argent aux ingénieurs Haïtiens ?
Apparemment non : Les Mathiots avaient déjà confié de l’argent aux ingénieurs Haïtiens pour la réalisation de plusieurs projets. Malheureusement tous ces projets sont tombés littéralement à l’eau. Ce n’est qu’après plusieurs tentatives non réussies que les Mathiots ont contacté HSF.
Parce que : Beaucoup d’Haïtiens bien éduqués partent à l’étranger. Souvent les ingénieurs compétents ont fait des études à l’étranger, dans des universités ou des écoles à haut niveau. Ces gens ne veulent plus rentrer à leurs pays mais préfèrent de rester dans les pays industriels où ils espèrent avoir un futur plus prospère. C’est aussi pour ça que parfois il est mieux d’aller sur place au lieu d’inviter les gens chez nous. Bien sur que c’est toujours une expérience très enrichissante de partir à l’étranger. Pour eux comme pour nous. Alors pourquoi ne pas stimuler des échanges ?
Dans ce sens des billets d’avions sont des investissements qui valent le coup et qui rentabilisent au final des comptes.
Critica3 : L’assistance technique sans plus est une ancienne méthode de développement qui n’est pas très durable. Cela a été démontré avec plein d’autres missions en Afrique et ailleurs. Est-ce il n’existent pas d’autres formes de coopérations qui sont meilleurs ?
Vrai, mais : Il est très important d’avoir des comités de gestion pour que la réalisation technique soit durable. Il est aussi très important que les gens se sentent impliqués dans le projet et que ce sont vraiment eux qui veulent le projet et qu’ils voient clairement l’importance. Le projet doit être adapté à la culture du pays. Sinon une réalisation technique risque de ne pas servir pendant très longtemps. L’avantage d’une citerne est qu’elle est assez robuste. Elle n’a pas besoin de beaucoup de maintenance, alors la chance de disfonctionnement est diminuée. Bien sur que les toits doivent rester en bonne condition et la citerne et le filtre doivent être nettoyé de temps en temps, le robinet doit être remplacé s’il est nécessaire,... . Un comité de gestion reste indispensable même pour une structure solide. Nous avons essayé de monter un comité de gestion, s’il fonctionnera… ?
C’est vrai qu’il existent beaucoup d’autres formes de développement durable et peut-être ces formes sont plus efficaces. Parfois il ne faut pas seulement être content avec le meilleur mais aussi avec quelque chose qui est mieux que rien.
Haïti est gâté par des ONG. Le pays fonctionne avec l’aide des ONG. Peut-être les Haïtiens gardent une attitude passive à cause de cette présence abondante en ONG qui prennent les initiatives. Une attitude passive empêche forcement le développement. Dans ce sens Patrick à peut-être raison quand il dit que « il faut toucher le fond pour pouvoir remonter » et alors retirer les ONG du pays.
Une autre manière de voir développement durable est d’essayer d’aider pas par pas, sans révolution, et chaque effort dans la bonne direction est valable. Notre citerne est un tel pas. C’est quelque chose qui est apprécié beaucoup par les gens locaux et qui va sûrement être très utile. Je suis d’accord que la profondeur de l’impact de cette mission est discutable.
Critica4 : Le projet est un projet par et pour la communauté catholique de la Voute au lieu d’être pour tout le monde.
Vrai, mais : Nous avons travaillé ensemble avec les sœurs et nous étions logés dans le presbytère. Les catholiques ont déjà une infrastructure, beaucoup d’expérience et font un bon travail en Haïti. J’ai beaucoup de respect pour leur travail. Mais, j’ai l’impression qu’il y avait une discrimination pendant les travaux et j’ai peur qu’il sera la même chose après. Il existe deux grande religions dans la région de Montagne la Voute : le Catholicisme et le protestantisme, mélangés avec le Vaudouisme. Les deux religions sont un peu des concurrents. J’ai l’impression qu’ils forment vraiment deux groupes qui ne se mélangent pas trop. Parce que la citerne était construite en coopération avec la communauté catholique, il n’y avait que des personnes catholiques qui ont travaillé sur le chantier. Je crains que ce ne sera que la communauté catholique qui va profiter de l’eau de la citerne. J’espère que je me trompe….
Critica5 : On peut demander de l’argent pour l’eau de la citerne ?
Vrai, mais : Il y a des personnes qui disent qu’il n’est pas possible de demander de l’argent pour l’eau comme bien. Ils disent que l’eau n’est pas un produit commercial. Pourtant nous voyons que l’eau est déjà vendue ou achetée par certains pays ou entreprises. Nous voyons aussi que l’eau est vendue dans les bouteilles comme eau naturelle ou eau de source (on peut aussi dire qu’ils vendent des bouteilles). Ceci est une discussion plus profonde et je ne me sens pas encore capable à m’associer à une opinion.
Quant à la citerne, je trouve qu’il est indispensable de demander un prix aux personnes qui viennent chercher de l’eau. S’ils paient l’eau ou l’infrastructure reste à discuter mais ne change rien en réalité. Le prix doit être très modeste pour que tout le monde, même les pauvres puissent acheter de l’eau. L’argent est nécessaire pour la maintenance de l’infrastructure, mais donne aussi une valeur en plus à l’eau qui peut éviter de l’abus. Pour garantir une distribution honnête de l’eau on peut limiter la quantité d’eau par personne par jour.
Critica6 : Souvent les personnes qui ont beaucoup de critique sur les missions pour le développement durable oublient de mettre en question notre propre « système » capitaliste.
Vrai, mais : …on ne peut pas critiquer et réfléchir sur tout.
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